Gare au Grand Chauve!

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Décrochez du tabac épisode 2: préparations

Dans l'épisode 1 nous nous étions débarrassé de quelques illusions maintenant je vous propose de nous intéresser à la préparation de l'arrêt en lui même.

1 Timing ou l'art de choisir le bon moment (ou pas)

A ce sujet j'ai deux nouvelles: une bonne et une mauvaise. La mauvaise c'est qu'il n'y a pas bons moments pour arrêter de fumer, la bonne c'est qu'il n'y en a pas vraiment de mauvais.

Je m'explique: il est clair que décrocher du tabac en plein milieu d'une série d'examen ou d'entretiens d'embauche par exemple n'est pas une bonne idée. Ce sont des moments objectivement mauvais pour arrêter de fumer. Mais en dehors de ces cas extrêmes il n'y a pas de mauvais moments.

Soyez lucide sur vous même: attendre le moment idéal - quand vous serez moins stressé au boulot, quand vous serez enceinte, quand vous aurez une maison etc... - n'est rien d'autre qu'un prétexte pour ne pas vous arrêter. Cela s'appelle de la procrastination ou autrement dit remettre à plus tard une décision douloureuse.

Pire encore, arrêter dans de trop bonnes conditions peu favoriser votre rechute. Faisons une mini étude de cas.
D fume pour évacuer son stress lié à son travail. Il ne fume que pendant la semaine et se passe assez facilement de cigarette pendant les vacances.
S'il décide d'arrêter de fumer pendant les vacances (bonnes conditions) cela ne l'aidera en rien à ne pas fumer à son retour au travail. Au premier coup de stress il va replonger. Pour pouvoir arrêter pour de bon il doit stopper alors qu'il travaille et même si possible pendant une période de stress c'est à dire à un mauvais moment.
Si vous parvenez à respecter votre résolution aux pires moments vous serez paré pour toute les situations.

A l'inverse, chaque cigarette vous empoisonne un peu plus la santé et vous rends un peu plus accro au produit.

Le meilleur moment pour vous arrêter c'est maintenant, là, tout de suite. Plus vous attendrez plus ce sera pénible et difficile.

2 Psychologie

Il a été fait allusion à la dimension psychologique dans l'étude de cas ci dessus et je crois utile d'y revenir plus en détail.

Interrogez vous sur vos motivations pour fumer. Si l'on pose la question à un fumeur il vous répondra spontanément "le plaisir!" mais en creusant un peu vous vous rendrez compte que ce n'est pas la seule motivation et bien souvent pas la principale.

Personnellement je me suis rendu compte que je fumais essentiellement par... ennui! Et oui je n'ai jamais tant fumé que quand je m'ennuyais, en attendant le bus ou des amis dans un bar.
De nombreuses personnes fument pour lutter contre le stress ou les angoisses ou encore d'autres raisons propres à chacun.

Une fois les choses vues sous cet angle il est possible de travailler sur soi au niveau psychologique.
On peut réaliser que fumer n'est pas une activité si agréable que cela. Le tabac a une odeur horrible, la fumée pique les yeux et brûle la gorge et les poumons: fumer n'est agréable que parce que nous nous sommes conditionnés pour nous en persuader.

D'autre part le tabac n'aide en rien à évacuer le stress [1]: la nicotine accélère les battement cardiaque et provoque au contraire une excitation. Le tabac empoisonne votre sommeil provoquant de la fatigue qui va augmenter votre stress etc...

Fumer pour passer le temps parce que l'on s'ennuie est une activité particulièrement stupide vous ne trouvez pas?

Le but des exemples ci dessus n'est pas de culpabiliser le fumeur mais d'essayer de comprendre que:

  1. l'argument plaisir n'est pas et de loin votre unique motivation pour fumer
  2. les vertues supposée du tabac sont largement dûes à un conditionnement psychologique et publicitaire
  3. chercher à comprendre ses propres motivations est une piste pour vous aider à décrocher
3 Thérapie de groupe, gestion de l'entourage

Dernier point pour ce post: faut il envisager une thérapie de groupe? Disons le tout net: selon mon expérience non.
L'idée sous-jacente est qu'en arrêtant à plusieurs on se soutiendra mutuellement dans les moments difficiles. En réalité le système marche dans les deux sens et même plus souvent dans le mauvais que dans le bon: dans un groupe le premier qui craque entraînera tous les autres dans sa chute.

Lutter contre la dépendance est un exercice très particulier qui relève de l'intime. Le manque se vit de l'intérieur et personne n'est vraiment à même de comprendre ce que l'on ressent.

A noter que je n'ai pas d'expérience de l'arrêt dans un couple et n'ai donc pas d'avis tranché sur la question. Une chose qui est sûre est que vivre avec quelqu'un qui fume alors que l'on est en sevrage est clairement pénible et n'aide pas.

D'ailleurs et c'est malheureux à écrire croyez moi, vos amis qui continuent à fumer ne vous aideront probablement pas à arrêter non plus. Sans qu'il y ait la moindre malveillance de leur part, à un niveau inconscient les fumeurs de votre entourage souhaiteront vous voir échouer.
Votre échec serait la confirmation de la difficulté de l'arrêt et les conforterait dans l'idée que "ce n'est pas le moment" encore. Je ne vous propose pas de vous fâcher avec tous vos amis, ni de me fâcher avec les miens d'ailleurs!, mais il faut être conscient qu'à de rare exceptions près votre entourage fumeur ne vous aidera pas dans votre sevrage.

C'est dur mais c'est comme cela.


Bon en espérant que je ne vous ai pas trop déprimé, je vous annonce qu'au prochain épisode nous allons rentrer dans le vif du sujet et passez à l'arrêt en lui même!

Notes

[1] qui est une motivation souvent citée