Gare au Grand Chauve!

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Conférence sur la crise mondiale

Ce soir je suis allé à une conférence sur la crise mondiale, quels dangers, quels espoirs pour l'Europe que j'avais par ailleurs annoncée sur le site de l'association Kiwi [1].

Late for Work / Tarde pa'l trabajo

Le conférencier était Bernard Nadoulek docteur en philosophie, professeur de civilisations et conseil en stratégie.
Un bonhomme dynamique et habile conférencier qui manie avec une délectation évidente la provocation le tout devant une assistance nombreuse et attentive.

C'était très intéressant et à défaut de faire un résumé - ce serait par trop ambitieux et prétentieux de ma part - je voudrais partager avec vous les principaux points que j'ai retenus.
Ce qui suit est donc une résumé succins de ce que j'ai retenu de la conférence c'est à dire un entre deux flou entre ce que je penses, ce que j'ai compris et ce qui a été dit!

Notes

[1] oui, je fais un peu du cross posting mais c'est aussi par manque de temps!

La crise?

C'est une méchante grosse claque que nous sommes en train de nous prendre dans la figure.

Les plans de relances?

Une goutte d'eau dans l'océan: environ 4 à 5000 milliards de $ en 2009 contre une bulle spéculative de... 500 à 650000 milliards de $!

La sortie de crise?

Par la planche à billet d'une part et les investissements massifs dans les infrastructures en particulier dans le tiers monde.
Un gros soucis: la limitation des ressources naturelles et la non maturité des alternatives (fusion à froid en particulier).

Et l'Europe?

La crise offre paradoxalement une chance inespérée à l'Europe de prendre enfin de leadership déserté par les USA et de proposer un nouveau modèle de gouvernance.

A noter que les les asiatiques (Chine & Japon) détiennent aujourd'hui la majorités des bons au trésor américain ce qui les pose en arbitre de la politique monétaire américaine. S'ils soldaient leurs avoirs de façon massive la dévaluation du $ serait terrible.
Ceci étant dit s'ils commencent à diversifier leurs achat de devises vers l'€ ils n'ont aucun intérêt à un effondrement de l'économie américaine.

Biais culturels

Culturellement les USA et les anglo-saxon en général n'ont aucunes intentions ou envie de réformer le système capitaliste en profondeur.
Les solutions avancées aujourd'hui sont exactement les mêmes que celles proposées après la bulle internet: avec l'inefficacité criante que l'on voit aujourd'hui.

La capitalisme anglo-saxon remonte au Protestantisme qui pose en gros que l'histoire est entièrement prédestinée par Dieu (omniscient & omnipotent) et que les hommes se divisent en 2 catégories: les Élus et les Damnés (Winner / Looser)[1].

Ceux qui réussissent ont été choisis par Dieu pour réussir, les autres tant pis pour eux, il n'y a pas de scrupules à avoir pour les exploiter.

Les cultures judéo-chrétiennes quand à elles ont intégrée que l'argent c'était Mal et que le Paradis se gagnait par des actes vertueux.
Face à la crise financière le réflexe judéo-chrétiens est de légiférer de la même manière que Dieu promulgue les 10 commandements afin de figer les règles pour une humanité trop encline au pêché.

Cette conception dont l'origine est politico-religieuse (objectif: limiter le pouvoir de la noblesse en lui interdisant les professions lucratives) est à l'origine d'une valeurs beaucoup plus orientées vers le long terme et la beauté du geste.
Construire une cathédrale n'a jamais été rentable pour ses commanditaires mais l'ouvrage à traversé les siècles et apporte aujourd'hui de substantielle dividendes touristiques.

Tentative de conclusion

La crise va être dure mais elle passera, le potentiel de croissance au niveau mondial est immense (e.g.: urbanisation des pays en voie de développement) et les crises font partie du patrimoine génétique du capitalisme.

La prochaine crise risque par contre d'être terrible à cause de l'épuisement des ressources naturelles. Et celle ci est inévitable si un changement n'est pas apporté.
Une sortie par le haut implique un changement important des modèles de gouvernance mondiales pour lequel l'Europe est la mieux placée du fait de son expérience (harmonisation pacifique et démocratique de 27 pays ce n'est pas rien).

Il ne faut pas attendre une solution des Etats Unis, Obama inclus, ce dernier restant très orthodoxe de ce point de vue.

L'Asie et en particulier la Chine ne sont pas à négliger dans un monde définitivement multipolaire mais on voit mal un pays non démocratique impulser un leadership global. Arbitre clairement, leader non (ici c'est plus moi qui extrapole, Nadoulek n'a pas été aussi clair sur ce dernier point).

En relisant mes notes ci dessus je me dis que vu comme cela l'exposé a l'air d'enfoncer pas mal de portes ouvertes. Ce n'est pas complètement faux, l'exercice étant avant tout didactique et simplifié, mais ne vous y trompez pas c'est aussi dû pour beaucoup à mes notes en elles même qui sont très incomplètes.

En tout cas il y a de quoi commencer une discussion! Qu'en pensez vous?

Crédits photo: Late for Work / Tarde pa'l trabajo par eneas Certains droits réservés (licence Creative Commons)

Notes

[1] notez bien que j'essais de retranscrire les propos de Bernard Nadoulek, je ne connais pas ce sujet personnellement j'aurais donc de la peine à avoir un avis éclairé